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4. Qu'est-il arrivé quand les échecs ont quitté l'Inde ?

Tout d'abord, le jeu à quatre a disparu. Les Perses ne jouaient qu'à deux. Chaque joueur a maintenant une armée de 16 hommes, comme nous aujourd'hui, mais les mouvements des pièces étaient aussi restreints que nous l'avons vu plus haut, même dans le cas du nouveau « conseiller » placé aux côtés du roi. (Ce sont peut-être les rois supprimés du jeu indien qui sont devenus les conseillers du jeu persan.) Le conseiller ne pouvait bouger que d'une case en diagonale, ce qui le rendait à peine plus puissant qu'un pion. Le jeu à deux était tout aussi lent que le jeu à quatre.

Le jeu persan pouvait se jouer avec ou sans dés. Ce n'est qu'au bout de quelques siècles que les dés ont disparu complètement. La dernière mention des dés apparaît dans une œuvre littéraire européenne du XIIIe siècle dans laquelle un gentilhomme demande à l'objet de sa dilection : « Madame, comment voulez-vous jouer, avec ou sans dés ? »

La diffusion des échecs vers l'ouest s'est accélérée au VIIe siècle alors que l'empire arabe en expansion avait conquis la Perse. Au cours des quatre siècles suivants, des Arabes sont devenus les meilleurs joueurs du monde. Nous connaissons toujours aujourd'hui les noms de ces champions, ainsi que pas mal de leurs écrits et des problèmes de fins de parties qu'ils ont imaginés.

Le jeu d'échecs s'est aussi aventuré vers l'est. À travers l'Asie, il a pris des formes très différentes de celles que les occidentaux pratiquent. Aux échecs chinois, le « xian qi », par exemple, les pièces ne se placent pas sur les cases, mais sur les intersections des lignes de la grille. Une rivière passe au milieu de l'échiquier qui est composé de 9 cases sur 10 ; chaque joueur possède une redoute où il peut se réfugier ; certaines pièces ne peuvent pas sortir de la redoute ; d'autres ne peuvent pas traverser la rivière, d'autres encore ressemblent aux nôtres, mais il n'y a pas de dame. Le but du jeu est toujours de faire échec et mat.

Les échecs japonais, le « shogi », est entré au Japon venant de Chine par la Corée. Le shogi se joue sur un échiquier de 9 cases sur 9. Les pièces sont disposées sur trois rangées au lieu des deux de notre jeu. Comme aux échecs chinois, il n'y a pas de dame. Les pièces les plus faciles à identifier (selon nos normes) sont les rois - mais chaque joueur en a trois. Malgré ces trois rois, le but du jeu est là aussi de faire échec et mat. La plus grande différence avec notre jeu occidental, c'est que les pièces capturées changent de côté !

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À jour le 20 octobre 2005.