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L'échec à la découverte.

Définition et exemple.

Échec à la découverte :
échec infligé non par la pièce jouée, mais par une autre qui se cachait derrière.

Exemple d'échec à la découverte Blancs: tour en g5 et cavalier en g6. Roi noir en g8.

Si le cavalier blanc n'était pas devant sa tour, le roi noir serait en échec.

En jouant 1. Cg6-e5, le cavalier ne met pas lui-même le roi adverse en échec, mais permet à sa tour de le faire.

Il s'agit d'un échec à la découverte.

Analyse et compléments.

La pièce jouée peut être de n'importe quel type - y compris un roi, mais la pièce qui inflige l'échec doit obligatoirement être une pièce à longue portée, à savoir une dame, une tour ou un fou.

On aura compris que l'échec à la découverte n'est qu'une forme particulière d'attaque à la découverte. L'une et l'autre de ces deux tactiques repose sur la même idée : une pièce masque d'abord l'action d'une autre, puis elle la démasque pour produire une attaque.

Lorsque deux pièces sont coordonnées de façon à pouvoir agir de la sorte, elles forment un duo spécial appelé « batterie ».

Il y a quatre conditions requises pour rendre un échec à la découverte possible :

  1. le roi doit se situer dans la ligne de tir d'une pièce à longue portée adverse ;
  2. cette ligne de tir ne doit être obstruée que par une seule pièce ;
  3. cette pièce doit être du même camp que la pièce à longue portée ;
  4. cette pièce doit pouvoir jouer quelque part.

Un échec à la découverte s'avère d'autant plus redoutable qu'il faut parer à un échec avant de s'occuper de quoi que ce soit d'autre. La pièce jouée pourra donc en profiter pour se rendre sur n'importe quelle case et en gagner une autre ensuite pendant ce temps. Ce qui peut avoir des conséquences catastrophiques, comme dans l'exemple qui suit, où la dame noire était à la portée du fou adverse.

Puissance d'un échec à la découverte Blancs: tour en h5 et fou en h6. Noirs: Roi en h8 et dame en f6.

En jouant leur fou, les blancs mettront automatiquement le roi noir en échec.

Malheureusement pour eux, leur dame se trouve à la portée de ce fou.

Après 1. Fh6-g5+, les noirs doivent se soustraire à l'échec avant de s'occuper de quoi que ce soit d'autre.

Incapable de protéger leur roi et leur dame en même temps, leur dame se fera prendre au prochain coup.

Comme si ce n'était pas assez, il arrive qu'une suite d'échecs à la découverte puisse être donnée en rafale, sans qu'il soit possible d'y échapper. Ce mécanisme terrible porte le joli nom de « moulinet ». En voici un exemple.

Exemple de moulinet Blancs: tour en g5 et fou en e5. Noirs: Roi en g8, dame en e8, tour en f8, pions en e7, f7, g7 et h7.     Blancs: tour en g7 et fou en e5. Noirs: Roi en h8, dame en e8, tour en f8, pions en e7, g7 et h7.     Blancs: tour en g7 et fou en e5. Noirs: Roi en h8, dame en e8, tour en f8, pions en e7 et h7.

Après 1. Tg5xg7+, le roi noir devra gagner le coin, d'où il sera dans la ligne de tir du fou e5. Une batterie tour-fou est ainsi formée.

C'est alors que le manège commence.

Après 2. Tg7xf7+ Rh8-g8 (forcé), 3. Tf7-g7+ Rg8-h8 (forcé), la batterie tour-fou se trouve reconstituée et prête à frapper de nouveau. C'est l'essence même du moulinet.

La position le permettant, il s'ensuit 4. Tg7xe7+ Rh8-g8 (forcé), gagnant un troisième pion, puis 5. Te7xe8 avec gain de la dame. Les noirs sont perdus.

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À jour le 20 octobre 2005.